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Les restrictions concernant les exportations de matériel de guerre mettent la sécurité de la Suisse en danger

Les exportations de matériel de guerre depuis la Suisse ont encore baissé de 5% en 2024, après une chute de 27% l’année précédente. Alors que les dépenses militaires augmentent dans le monde, l’industrie suisse de l’armement perd du terrain – une conséquence du durcissement des règles en matière d’exportation après 2021. Les entreprises sont confrontées à des difficultés économiques ou délocalisent leur production à l’étranger. Il est urgent d’adapter les dispositions en matière d’exportation, car, sans possibilité d’exporter, la branche risque de disparaître – avec de graves conséquences pour la sécurité du pays.

L’évolution nĂ©gative des exportations de matĂ©riel de guerre s’est poursuivie au cours de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e. Après avoir chutĂ© de 27% en 2023, elles ont encore baissĂ© de 5% en 2024, comme le montrent les chiffres du SecrĂ©tariat d’État Ă  l’économie. Ces reculs contrastent fortement avec la croissance massive des dĂ©penses militaires dans le monde. 

Swissmem part du principe que ces chiffres ne sont que la pointe de l’iceberg. Les exportations de l’annĂ©e dernière concernent en majoritĂ© des commandes qui avaient Ă©tĂ© passĂ©es avant le durcissement des règles d’exportation pour le matĂ©riel de guerre en octobre 2021. Depuis, la Suisse et, de ce fait, l’industrie suisse de l’armement ont perdu leur statut de partenaire fiable. L’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas ont explicitement rayĂ© les entreprises suisses de leur liste de fournisseurs potentiels. Par le passĂ©, ces pays avaient parfois absorbĂ© jusqu’à plus de 40% des exportations d’armement suisses. Depuis, les commandes de nombreuses entreprises se sont effondrĂ©es, ce qui apparaĂ®tra seulement dans les chiffres d’exportation des annĂ©es Ă  venir, du fait que les projets durent souvent plusieurs annĂ©es. 

La perte de confiance envers la Suisse se rĂ©percute toujours plus sur les entreprises de l’industrie de l’armement suisse. Elles sont confrontĂ©es Ă  des difficultĂ©s Ă©conomiques ou dĂ©localisent une partie de la production Ă  l’étranger : Safran Vectronix, un fabricant d’appareils de mesure de distance et de vision nocturne, a dĂ» introduire le chĂ´mage partiel. Swiss P Defence, qui produit des munitions de petits calibres, a rĂ©cemment licenciĂ© 22 collaboratrices et collaborateurs. B&T AG, qui produit quant Ă  elle des armes de petits calibres, a Ă©tĂ© contrainte d’ouvrir une filiale en Allemagne pour pouvoir continuer Ă  fournir l’armĂ©e allemande. GDELS-Mowag, le producteur de vĂ©hicules blindĂ©s Ă  roues, doit crĂ©er davantage de valeur ajoutĂ©e dans le pays du client, ce qui coĂ»te des emplois en Suisse. Et Carbomill a dĂ» cĂ©der du savoir-faire technologique aux concurrents Ă©trangers. Ses produits sont dĂ©sormais fabriquĂ©s et livrĂ©s dans ces pays.

Ces exemples montrent que les dispositions en vigueur en matière d’exportation chassent littéralement de Suisse les entreprises de l’industrie de l’armement. La Suisse perd ainsi un précieux savoir-faire technologique. C’est la raison pour laquelle les dispositions relatives à l’exportation dans la loi sur le matériel de guerre (LFMG) doivent être rapidement adaptées. Dans le cas contraire, l’industrie de l’armement en Suisse ne survivra pas du point de vue économique. Or, sans industrie de l’armement, les systèmes de l’armée suisse ne peuvent pas être maintenus opérationnels. La sécurité de la Suisse est donc en danger.

SWISS ASD

(Aeronautics, Security and Defence)
Produits civils et militaires haut de gamme

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Dernière mise à jour: 17.03.2025